PORTRAIT : RAMAROSON Vonimihaingo

Moringa

UNE CHERCHEUSE, ENTREPRENEUR PASSIONNÉE DU MORINGA

Mihaingo, Merci de nous présenter ton parcours :

De cursus 100% scientifique, j’ai commencé à étudier à l’Université d’Antananarivo dans la filière Sciences Naturelles. Après un diplôme de Maîtrise en Biochimie, j’ai continué mes études en France (à Dijon, dans l’école d’ingénieurs ENSBANA, actuellement AgroSup Dijon de l’Université de Bourgogne). C’était d’abord un Master Recherche en 2006-2007 en Sciences des aliments, puis un autre Master Professionnel en 2007-2008 en Analyse Sensorielle. Convaincue que je ne suis pas faite pour m’installer définitivement en France, je suis retournée à Madagascar en 2008 avec les deux diplômes de Master différents en poche. C’est en 2009 ou 2010 que j’ai compris que je suis faite pour honorer mes compatriotes. Embauchée en 2010 au sein du FOFIFA (Centre National de Recherche appliquée en Développement Rural), j’occupais le poste de chercheur au sein du département de recherche technologique. Je suis devenue la responsable du Laboratoire d’Analyse Sensorielle, l’unique à Madagascar ; jusqu’à présent, je reste l’unique spécialiste d’analyse sensorielle malgache. En 2010, j’ai commencé une thèse de doctorat en même temps que mon poste de chercheur. C’est là que j’ai été en contact pour la première fois avec le monde du Moringa (ou ananambo dans le langage malgache). Le défi a été de comprendre pourquoi il y a encore plusieurs cas de malnutris à Madagascar alors qu’on a tout pour bien se nourrir. Les théories ont été basées sur l’exemple des feuilles de Moringa oleifera, l’arbre de vie ou l’arbre miracle d’après d’autres chercheurs d’autres pays.

En 2016, j’ai intégrée aussi la plateforme des chercheurs en nutrition appelée MIKASA. Il s’agit d’une plateforme mise en place au sein de l’ONN (Office National de Nutrition) et a pour but de réduire le taux de malnutrition au pays. Le défis est énorme car il s’agit de faire baisser jusqu’au 38% le taux de malnutrition chronique chez les enfants au lieu de 47%. Parmi les activités de la plateforme, la valorisation du Moringa est à la tête de ses priorités. Je suis actuellement membre de bureau de cette plateforme.

En 2016 toujours, Franco Emilio Risso m’a appelé pour être son associée dans l’entreprise sociale Moringa Wave. Mon rôle est de m’occuper des aspects scientifiques en lien avec les produits de l’entreprise. Je suis entrée dans le monde entrepreneurial en mettant à la disposition de toutes mes connaissances et acquis concernant les bienfaits de cette plante.

Même si je suis active dans différentes organisations, tout se résume dans la lutte contre la malnutrition tout en valorisant le Moringa dans une démarche de qualité des produits finis.

En 2016, j’ai ouvert une entreprise de consultance pour les prestations sortant des domaines de compétences du FOFIFA, du Moringa Wave et de la plateforme MIKASA. SENSOMADA est une boîte qui mets à la disposition des entreprises agroalimentaires mes compétences en statistiques, plan d’expériences.

Je souris souvent quand on me demande ma carte de visite car j’ai quatre cartes de visites différentes.

Avec un doctorat en poche, je suis donc devenue une scientifique connue dans les domaines de l’analyse sensorielle, du Moringa, de la malnutrition et en même temps une jeune entrepreneure et une bénévole sociale dans la conviction de pouvoir faire développer mon pays, Madagascar.

Si on me demande de donner un message au diaspora malagasy, je résume cela par la phrase : « On peut très bien réussir à Madagascar en ayant un concept innovant, intélligent tout en mettant ses ressources à la disposition de nos compatriotes. »

A vrai dire, ce n’est pas moi qui ai planifié cette voie ainsi. Je me suis fait emportée par un guide, le meilleur de tous, Dieu.

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